Hello world!

août 2nd, 2012 by kyra

Bienvenue sur Fantasyblog. Ceci est votre premier post. Editez-le ou supprimez-le et commencez à bloguer !

CHAPITRE 1

mai 5th, 2010 by kyra

CHAPITRE I

 

LES VALLÉES

 

 

  Erahn se figea, la respiration haletante. Il venait d’entendre un bruit, un cri d’animal plus exactement. Un loup?pensa-t-il. À vrai dire, il n’avait jamais eu l’occasion d’en entendreauparavant, et ne pouvait se fier pour cela qu’à ce qu’on lui en avaitdit autrefois, lorsqu’il n’était encore qu’un enfant. Il frissonna ense rappelant les histoires dont faisait partie cette étrange créaturequ’il n’avait jamais vue.

  Le jeune homme réfléchit un instant; il pouvait encore faire demi-tour.Mais non, c’était hors de question. « Toujours avancer, jamaisreculer », c’était ce que son grand-père lui avait sans cesse répété.« Quand tu prends un chemin, reste dessus, lui disait le vieil homme.Au moins pour savoir où ça t’emmène. » À neuf ans, Erahn ne comprenaitrien à ces paroles. Dix ans plus tard cependant, il commençait à mieuxles concevoir. Une fois en bas de cette colline, il saurait donc s’ilavait eu raison ou tort de s’enfuir.

 Il reprit sa route, continuant de descendre la colline en direction desVallées. Erahn était un jeune homme grand, un peu maigre, mais auxépaules fortes. Il avait des cheveux châtain courts, et des yeux vertsdessinés en amande. Une grande douceur émanait de son visage, bienqu’elle fût un peu dissimulée par son regard perçant.

 Il avançait, supportant avec peine le froid de la forêt qu’iltraversait. Il était seulement éclairé par la pleine lune, lui quin’avait connu jusqu’à présent que la chaleur concentrée entre les murs.Il ne marchait pas vite, hésitant sans cesse au moindre pas : iln’était à vrai dire pas très rassuré par ce lieu qui lui était encoreassez inconnu.

  C’est alors qu’une pensée lui traversa l’esprit, le foudroyant sur place: on devait le poursuivre. Peut-être même qu’on le suivait déjà à la trace, les chiens lâchés à sestrousses.  Erahn se reprit et accéléra tout d’abord, avant de se mettre à courir.Il avait prêté trop d’attention à ce qui l’entourait, au point d’ennégliger sa propre sécurité ! Non, il ne retournerait pas là-bas! Jamais!

 La peur l’avait pris par surprise tellement vite qu’en courant, sonpied se prit dans une racine et il roula à terre, se retrouvant étendusur le dos, affaibli. Son regard se reporta sur la lune qui brillaitcomme jamais. Erahn se sentait si exténué qu’il serait bien resté icila nuit entière à la regarder. Oui, s’il n’avait pas entendu desaboiements plus haut. Il sursauta et se releva d’un bond pour reprendresa course infernale. Ça y est, on avait lâché les chiens sur lui, etils se rapprochaient dangereusement de leur cible.

 Erahn ne sut combien de temps il courut ainsi, mais cela lui semblaêtre tout une vie. Rien ne pourrait l’arrêter à présent, car jamais iln’accepterait de retourner là-bas. Ce serait du suicide et rien nipersonne ne l’empêcherait d’atteindre son but: c’était sa volonté, saseule raison de vivre.

 Le jeune homme savait les molosses à moins d’un kilomètre derrière lui,prêts à ouvrir leurs gueules pleines de crocs qui lui broieraient lesjambes. Il fallait qu’il efface ses traces, son odeur. Pour cela, ildevait trouver de l’eau – ce qui était peu probable – et surtout,trouver le temps de s’en imbiber, ce qui était encore moins probable.

 S’il continuait à cette vitesse, Erahn serait bientôt aux pieds de lacolline, et n’aurait plus que quelques pas à faire pour atteindre lesVallées. C’était par là que son grand-père lui avait dit qu’il avaitvécu auparavant.

 Il se rappelait de ce qu’il lui disait sans cesse à propos de cesVallées: « Elles sont au pied des collines, derrière un tournant.Crois-moi, gamin, il n’y a rien de plus beau que cet endroitparadisiaque! Un jour peut-être pourrons-nous y aller. Alors, il n’yaura plus de chaînes, plus de fouets et… plus d’égouts… ». C’est à cetinstant que la mère d’Erahn avait répliqué que ce jour n’existeraitjamais, et que mieux valait ne pas faire rêver un gosse devant unespoir de vieux fou.

 Peut-être qu’elle avait eu raison, peut-être que ça n’était qu’unespoir de vieux fou. Pourtant, le jeune homme y avait cru et à présent,il n’était plus qu’à quelques pas de parvenir à son objectif. Il nesavait pas ce qu’il y trouverait; mais il était sûr d’une chose: s’ilne pourrait vivre dans les Vallées, au moins il les aurait vues.

 Du moins, il l’espérait: il ne s’était pas mis assez vite à courir, etavait sous-estimé la rapidité des chiens… Car déjà ils étaient prêts àlui bondir dessus. Trois énormes bêtes au pelage sombre et rayéarrivaient sur lui, les oreilles dressées.

  Mais il ne fallait pas abîmer le matériel.Lorsqu’il s’agissait d’un vieillard ou d’une femme brune, c’étaitdifférent et ils n’étaient plus que des jouets pour les molosses. Maislà, il s’agissait d’un jeune, il était donc utile, il ne fallait pasqu’on l’use. Un sifflement retentit alors au loin, indiquant aux bêtesde ne pas y toucher mais de le rameuter vers la colline. Les chienspassèrent alors un à un devant Erahn, lui coupant la route en luimontrant les crocs avec des grognements sourds. Forcé de s’arrêter, lejeune homme jura car ils l’entouraient. Il ne pouvait rien contre eux,ces animaux mesuraient plus d’un mètre au garrot et il ne faisait nuldoute que leurs mâchoires étaient efficaces.

  Il réfléchit, priant pour qu’il lui reste assez de temps pour trouver une solution avant qu’on ne vienne le chercher.  Il en trouva soudain une : elle était risquée certes, mais c’était saseule et dernière chance. Si les chiens n’avaient pas le droit de lemordre, ils ne pourraient pas l’attaquer, même s’il continuait à avancer.

 Du moins, il fallait l’espérer, car il était prêt à jouer sa vie pource qu’il voulait. Pour une fois dans son existence, il voulait êtremaître de sa vie. Alors il avança. Les molosses, surpris, se mirent àaboyer, reculant parce qu’ils ne pouvaient pas l’attaquer, et parcequ’ils ne devaient pas le laisser s’échapper. Erahn touchait à son but…

   « Eh! toi! s’écria une voix rauque dans son dos. Reste où tu es ou ce sont mes flèches qui vont te clouer au sol! »

 Le jeune homme hésita un instant. Mais non, s’il retournait là-bas, ceserait avec les Vallées en tête, ou bien, sinon, il ne reviendrait pas.

   « Eh! T’es sourd ou quoi?! Reviens par ici, mon gars! Fais pas le malin avec nous! »

  Ne les écoute pas, songea Erahn. Continue à marcher, ne t’arrête pas…

   « Si tu continues comme ça, ce seront les égouts qui t’attendront là-haut!

– Merde, qu’est-ce qu’on fait? questionna l’un des soldats. Il vaut mieux pas l’abattre, le capitaine serait furieux…

– Hors de question de l’abattre, ce gamin n’est plus apprenti. Il nousle faut, et vivant, et en bonne santé… Du moins en assez bonne santépour être puni! Allons vers lui; de toute façon les chiens ne lequittent pas. »

 En effet, les molosses aux yeux verts ne le quittaient pas, continuantde grogner et d’aboyer pour rester menaçants. À certains moments, ilsfaisaient mine de vouloir le mordre afin de l’impressionner. Celaréussissait parfois à le faire sursauter, mais ça n’allait pas plusloin et Erahn continuait. Le virage se rapprochait, il était toutproche à présent… Deux mètres… Ne restait bientôt plus qu’à franchir ledétour derrière lequel les Vallées se tenaient.

 Tout à coup, il se figea, hésitant soudain. Car une fois qu’il lesaurait vues, il ne voudrait sans doute plus jamais repartir à Endil… Etdans ce cas-là, il signait sa mort. Dix-neuf ans, c’était jeune pourmourir… Même pour une vie comme la sienne, c’était jeune. Il réfléchitquelques secondes, repassant dans sa tête les quelques amis qu’ilavait. Cela valait-il la peine de les quitter? De les laisser seulstout en haut de la colline, de les abandonner?

 Il fronça les sourcils, se mordit les lèvres. Les aboiements desmolosses commençaient sérieusement à lui taper sur les nerfs, et ilsavait que les soldats arrivaient derrière lui, et qu’ils perdaientpatience.  Erahn devait faire un choix, eux aussi.

   « On sait ce que tu as en tête, gamin! dit l’un d’eux. On sait où tu veux aller… »

  Le jeune homme qui leur tournait le dos inclina la tête vers eux, comme dans un geste d’exaspération.

   « Et je serais toi, je ne ferais pas ça…

– C’est vrai, reviens. Tu regretteras de regarder… »

 Erahn eut un sourire narquois. Maintenant c’était bon, il l’avait saréponse. Les soldats ne voulaient pas qu’il voit les Vallées, car sinonils devraient le tuer. Et ça n’était pas leur but, puisqu’ils avaientbesoin de lui. Cela voulait donc dire que ça devait vraiment être beauà voir, les Vallées. Ç’aurait été dommage de manquer ça… Trop dommage.

  Erahn avança une dernière fois, et ouvrit les yeux sur le lieu qu’il avait eu tant de mal à atteindre.

 Ses pupilles se rétractèrent, ses paupières s’ouvrirent grand. Sa gorgese serra et son cœur sembla s’arrêter… Puis se remettre en route,cognant vite et fort contre sa poitrine.

 Immédiatement alors, il se mit à reculer. Puis de plus en plus vite.Enfin, il se retourna et accourut vers les gardes, hors d’haleine. Leschiens l’avaient suivi, sans aboyer cette fois.

   « Rattachez-moi! Rattachez-moi! hurla le jeune homme. Vite! Ramenez-moi là-haut! Vite! »

  Les hommes obéirent, surpris, car eux-mêmes n’avaient jamais osé regarder au-delà du détour.

   « Qu’est-ce que tu racontes, gamin ?!

– Ramenez-moi, vite ! » hurlait Erahn d’une voix stridente.

 Les deux hommes eurent soudain peur, et c’est en courant qu’ilsramenèrent leur victime devenue hystérique. Affolé, Erahn regardait entout sens, se mordant les lèvres jusqu’au sang.

  Si seulement il n’avait pas vu…

 

 

Creative Commons License
Le Royaume d’Endil by Kyra est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Basé(e) sur une oeuvre à histoires-fantasy.fantasyblog.fr.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://histoires-fantasy.fantasyblog.fr.

LE ROYAUME D’ENDIL

mai 5th, 2010 by kyra

PROLOGUE

 

 

 Le roi entra dans la chambre en silence, refermant la porte derrièrelui. Son visage et son torse imberbe étaitent sales, couverts de terreet ses cheveux d’or étaient trempés de sueur. Sur son corps sculptural,il ne portait qu’un pantalon qu’il utilisait pour son entraînementquotidien, et avait retiré ses armes et son heaume avant d’entrer.

 Tous ses enfants étaient sur le lit, dix en tout, assis autour de lareine qui venait de se réveiller. Les petites têtes blondes setournèrent vers leur père et descendirent du lit avec précipitationpour venir le saluer en s’inclinant devant lui. Devant sa hautestature, le roi de trente-et-un-an les faisait paraître encore pluspetits qu’ils ne l’étaient.

   « Père, j’ai tué un oiseau à la chasse, dit Isaar,l’héritier.

– C’est bien, mon fils. Maintenant laissez votre mère et moi et allez jouer dans lesjardins.

– Oui, Père. » répondirent les enfants en chœur, comme l’écho d’une seulevoix.
   Une fois que tous furent sortis, le Roi Orion vint s’asseoir près dela reine et déposa un baiser sur ses lèvres souriantes, douces comme dela soie. Puis il caressa son ventre.

   « Pour quand sera ce beau bébé? demanda Orion avec l’impatienced’un enfant à qui l’on a promis un cadeau s’il était bien sage.

– Pour bientôt, mon roi. Pour très bientôt. »

 Orion caressa les longues mèches d’Isiah. Ses cheveux aussi avait lacouleur des rayons du soleil. Tout comme lui et tout comme ses enfants.Huit garçons et deux filles. Tous blonds. Et c’était ainsi depuis lanuit des temps dans la lignée des rois d’Endil. Depuis toujours, il n’yavait eu que des têtes dorées et ce devrait toujours être ainsi.C’était la tradition, c’était même la loi.

 La reine gardait un magnifique visage d’ange, aussi clair et pur que leteint frêle d’une rose. L’étincelle du bonheur brillait toujours dansces yeux d’une pureté infime; cette femme serait bientôt mère pour lacinquième fois de sa vie, à vingt-deux ans seulement. Les cinq autresétaient nés de la première femme du roi, morte en couches. Orion ladévisagea de ses yeux gris- verts avant de poser une nouvelles fois seslèvres couvertes de poussière et de sueur sur celles de sa femme.

   « Il aura mes yeux, j’en suis sûr, dit-il.

– Le roi ne se trompe jamais, fit Isiah. Et commentl’appellerez-vous?

– J’ai pensé à Keram.

– C’est un beau nom. »

 Le roi se redressa et regarda le ventre rond de la reine en silence. Ilavait un regard dur et une mâchoire carrée, mais des traits fins quilui donnaient une sorte d’élégance et de grâce. Sans un mot de plus, ilsortit  pour qu’on aille lui donner son bain.
  Isiah s’assit tant bien que mal et souffla. Elle se savait moinsattirante aux yeux de son seigneur depuis sa grossesse et savait que cedernier s’était trouvé plusieurs maîtresses afin de compenser sesdésirs. Et elle savait aussi qu’une fois l’enfant né, il reviendraitvers elle.    C’était loin de lui convenir; certes Orion était d’unegrande beauté, ayant l’apparence d’un ange avec ses boucles d’or. Maiss’il revenait à elle, il la mettrait encore enceinte et elle n’étaitpas sûre de pouvoir supporter une nouvelle grossesse après celle-ci.Mais le roi s’en moquait puisqu’il était roi. Isiah n’était pasidiote et se doutait bien qu’il n’était amoureux que de son visage etde son corps, puisqu’il ne connaissait rien d’autre d’elle. Alors unefois qu’elle aurait succombé à son sixième accouchement, il n’auraitplus qu’à en prendre une autre, comme elle-même avait remplacé sapremière épouse. La seule compensation qu’elle avait était que son filsaîné Isaar, qui avait cinq ans, serait l’héritier du trône puisque lessages l’avaient désigné comme tel.

 La reine retint ses larmes. Elle ne voulait pas mourir et n’en pouvaitplus de cette vie, à être sans arrêt enceinte.  Le roi n’avait-il pasassez d’enfants? Lui-même ne connaissait que les noms des aînés mais nese souvenait jamais de ceux des cadets et encore moins de ceux de sesdeux filles à qui il accordait si peu d’importance. Elles deviendraientpeut-être reproductrices à leur tour, cette idée faisait frissonnerIsiah. Par chance, elle-même n’était pas la sœur du roi mais il pouvaitparfois arriver qu’on ne trouve pas de blondes assez pures pour les marier à l’héritier du trône.

  Mais quelque chose d’autre la tourmentait, quelque chose de bien plus graveencore. Quelque chose qui la tuerait sans doute avant un sixième enfant.

  Et ce quelque chose, elle l’avait en ce moment même dans sonventre.

 

 

*

 

 

  Les servantes finissaient d’aider la reine à s’habiller lorsqu’Orion entra.La voyant, il fronça les sourcils.

   « Que faites-vous? demanda-t-il à Isiah.

– Eh bien, comme vous le voyez, je me prépare pour aller aubal… »

  Le roi écarquilla les yeux et eut un ricanement.

   « Pourquoi riez-vous, Sire?

Parce que vous croyez sérieusement que je vais me présenter avec vous dans cetétat, au bal? »

 Il la regardait, l’air goguenard. La jeune reine avait les larmes auxyeux et rougit, honteuse.   Voyant cela, son sourire s’effaça et lejeune homme s’avança vers elle. Il s’approcha tout près, la dévisageaen effleurant sa joue de la main. Isiah baissa les yeux, encore plusgênée. C’est alors que le roi la gifla. Une claque forte, suffisantepour laisser une marque sur sa joue.

  La jeune femme serra les dents, silhouette haute et digne, mais brisée. Orionfoudroyait les servantes du regard.

   « Laissez-nous seuls! »ordonna-t-il d’un tonsec.

 Alors que ces dernières obéissaient et refermaient les portes derrièreelles, Isiah tremblait, appréhendant ce qu’il viendrait ensuite;c’étaient les seuls moments où elle remerciait le Ciel d’être enceinte:parce qu’il ne pouvait pas être trop violent.

  Orion se tourna vers elle, son expression avait changé et il semblait déjàcalmé.

   « Allons, allez vous asseoir un peu, ma dame, dit-il en luitendant la main. Et oublions ce geste malheureux. Vous êtes d’accord, bien sûr?

-Oui, bien sûr, répondit la reine en s’efforçant de ne pas bredouiller.Mais que faut-il oublier au fait? » ajouta-t-elle avec un sourire forcéqu’elle avait dû apprendre au fil des mois qui avaient suivi leur union.

 Le roi eut un sourire satisfait et l’embrassa sur le front avant del’aider à s’allonger. Il resta un moment avec elle en lui caressant sonventre rond. Isiah serrait les dents, jouant le rôle d’une femmecomblée alors qu’elle n’était plus qu’un être terrifié. Les doigtsd’Orion sur son ventre l’effrayaient d’autant plus qu’elle les voyaitcomme possesseurs de sa chair et de son sang, du bébé qui naîtraitbientôt.

 Puis le jeune homme porta ses lèvres jusqu’aux siennes, l’embrassantavec une ardeur qui dégoûta plus que tout la reine. Il ne semblait plusprêt à partir maintenant et pourtant, il finit par s’arrêter, et posantune dernière fois sa main sur le ventre rond, il dit:

   « Il me tarde de vous retrouver sous un meilleur jour, mareine. »

  Sur quoi il se leva et sortit sans autre mot.

 

*

 

 La salle de bal était pleine, les gens riaient et l’alcool coulait àflot, dans cet autre monde où l’on ne se souciait pas des petitespersonnes. Le roi Orion en était déjà à sa sixième coupe de vin, etétait entouré des plus belles courtisanes. La tête commençait à luitourner et l’alcool le faisait plonger dans un délire total.

  Alors, lorsqu’il vit le rongeur passer au ras du sol, il ne put s’empêcherd’éclater de rire, hors de lui. Il désigna l’animal du doigt et s’écria:

   « Regardez! Même les rats veulent participer à mafête! »

 Les rires suivirent le sien, comme il était de coutume. Orion cherchaalors son poignard dans sa botte, et visa le rongeur avant de le luilancer. Comme il était saoul, il le manqua bien évidemment et ce fut undes soldats qui se chargea d’embrocher le rat en faisant croire qu’ils’agissait de la lame de son seigneur, afin de ne pas l’humilier devantla haute société.

   « Mais il n’y a pas de place pour les rats ici! s’exclama Orion,fier de lui.

– Monseigneur, ne craignez-vous pas la peste avec l’intrusion de cette chose?demanda une courtisane d’un ton niais en s’asseyant sur les genoux du souverain.

– Mais c’est qu’elle a de l’esprit! dit le roi. Sortez-moi ça de là! Donnez-le àceux d’en bas, qui sait? Ils en feront sans doute meilleur usage! »

  Les rires accompagnèrent son ordre et le rongeur fut jeté dans lessous-sols.

 Le capitaine des soldats, Merohn, s’en était chargé lui-même avecdégoût. Il n’aimait pas le mépris du roi pour ceux d’en bas, ceux quitravaillaient pour lui et en son honneur. Malgré tout, il lui étaitloyal car le roi restait un excellent guerrier et un maître enstratégies de guerre.  Et il devait respect à son seigneur. 

 S’étant débarrassé du rat ensanglanté, il retourna vers le banquet afinde surveiller la fête sans y participer pour autant. Son regard sepromenait avec envie sur l’un des banquets lorsque Merohn fronça lessourcils. Un rat profitait lui aussi de la fête.Il s’approcha pour le repousser et en découvrit un deuxième, puis un troisième.

   « Mais c’est une véritable invasion!s’écria-t-il.

– Qu’y a-t-il, mon noble Merohn? demanda le roi en se tournant verslui.

– Les rats, Sire! Il y en a partout! »

 Au même instant, la courtisane assise sur les genoux d’Orion poussa uncri suraigu car un rat venait de la mordre à la cheville. Ce fut alorsune crise de panique, lorsque tous les invités se trouvèrent entourésd’une multitude de rats. Tous prirent la direction de la sortie enpoussant des cris, autant effrayés par cette maladie dont on parlaittant, que par le petit animal lui-même.  Seul le roi, trop ivre pourdiscerner le rêve de la réalité, restait assis en appelant les rats àlui:

   « Eh! Pour qui tu t’prends, toi? Tu veux envahir monroyaume? 

– Sire, je vous prie de sortir le temps qu’on règle cette affaire, ditMerohn.

– Mais non, un p’tit coup d’épée, pis c’est fini! »

 Il se leva, titubant en se dirigeant vers une table pour saisir sonépée. Mais un rat qui se trouvait caché là lui mordit la main au momentmême où il la tendait pour attraper son arme.  Le roi étouffa un cri desurprise avant d’envoyer balader le rongeur à travers la pièce. Du sangcoulait abondamment de sa plaie et cela sembla suffire à le réveiller.Ce ne fut qu’alors qu’il s’empressa de sortir de la salle, ordonnant aucapitaine et à ses hommes de se débarrasser de ces choses.
  Il y en avait bien une bonne centaine, et tous étaient aussi agressifs les uns que les autres.

   « Je ne comprends pas, s’interrogeait Merohn. Les rats ne mordentpas sans raison en temps normal… »

  Il fallut faire venir les chiens pour chasser les rats de la salle, quis’enfuirent tous par une fissure dans le mur de pierre. Le capitaine ordonna que l’on rebouchât cette entrée, exténué.

  Ils venaient tous des égouts…

  Et dans les égouts, une légende racontait qu’il y avait bien pire que lesrats.

  On disait qu’il y avait la Mort.

 

 

Creative Commons License
Le Royaume d’Endil by Kyra est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Basé(e) sur une oeuvre à histoires-fantasy.fantasyblog.fr.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://histoires-fantasy.fantasyblog.fr.

Bienvenue

mai 5th, 2010 by kyra
Je vous souhaite à toutes et à tous la bienvenue sur mon blog, "Histoires-fantasy". Je publierai chapitre par chapitre l’une des histoires que j’écris: "Le Royaume d’Endil". Il s’agit d’age fantasy et tous vos commentaires me seront d’une grande utilité car mon seul but est de m’améliorer et de vous faire passer de bons moments…
Bonne lecture! =)